Gestion de projet TI télétravail

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La gestion de projet TI mode télétravail est une pratique de plus en plus répandue.  Néanmoins, on constate qu’il existe encore de nombreuses personnes qui s’opposent à cette pratique.  De mon côté, je suis d’avis qu’une fois que nos relations sont établies, on peut gérer aussi bien nos projets en mode télétravail que sur site.  Je tenterai de vous le prouver dans ce billet.

Je partage donc ici le fruit de mon expérience à le faire, de même que les bons et mauvais côtés.

 

Mes premières années en mode télétravail

Mes premières expérience de télétravail ont été en 2004, alors que j’entreprenais, avec deux amis devenus mes associés, la très motivante phase de développement du site B2C atuvu.ca.

Nous avons travaillé durant de nombreux mois, en parallèle à nos occupations à temps plein, pour développer le concept et mettre en place le site jusqu’à son lancement en juillet 2006.

Comme ce travail se réalisait en soirée et les fins de semaine, il va sans dire que la majorité du temps, nous travaillions de la maison.  Nous avions tous une vraie job à côté et comme nous étions à 20 km de distance, c’était le meilleur moyen de collaborer.

Devant le constat que certaines expertises manquaient et que les journées avaient juste 24 heures, nous avons également fait appel à de nombreux pigistes pour l’occasion: graphistes, développeurs web, etc.  Certains d’entre eux pratiquaient aussi le télétravail de la même façon que nous.

Ce fut donc une occasion pour nous d’apprendre les rudiments de la collaboration à distance: utilisation de documents clairs, courriels détaillés, communications instantanées et audio via MS Messenger et Skype par la suite, etc.

C’est un mode de vie qui nous a apporté beaucoup de plaisirs et ce, malgré toutes ces heures investies…

Après le lancement du site en 2006, nous avons continué à travailler et collaborer de cette façon.

 

Plus récemment: Quand un accident de ski et une opération imposent le télétravail…

Il y a quelques années, j’ai adopté le télétravail malgré moi alors que je travaillais pour une entreprise de conseil en TI. En effet, un accident de ski a malheureusement changé mes habitudes de déplacement.

Immobile pendant plusieurs semaines, j’ai dû m’adapter et travailler à distance.  Avec un ordinateur portatif, un téléphone cellulaire et une connexion Internet adéquate – dans mon secteur, la connexion est meilleure qu’en ville – , j’ai continué à faire mon travail comme si j’étais au bureau de mon client.

J’ai donc continué à :

  • Tenir nos réunions comme à l’habitude, mais je ne me trouvais pas dans la salle.  On partageait quand même nos écrans via une technologie comme Webex ou GoToMeeting.
  • Courir après quelqu’un!  J’allais sur Skype, Google Hangouts ou encore on je prenais le téléphone…  Quand c’était vraiment urgent, je passais par les personnes que je savais à proximité.
  • Réaliser mes appels de suivi de projets avec mes équipes et clients.
  • Avoir du temps pour moi, principalement en début de journée.  Avoir deux ou trois heures sans être dérangé arrive quotidiennement.

 

Quelques mois plus tard, j’ai été opéré et j’ai également été immobile durant quelques semaines.  Le même modus operandi a donc continué…

Je me suis donc tranquillement aperçu que j’étais aussi efficace dans mon travail.  Aussi, la réduction drastique de mon temps de déplacement avait un impact majeur sur ma qualité de vie.

 

Les bons côtés

Le télétravail a de nombreux avantages quand on est gestionnaire de projet:

  • Il permet d’avoir davantage de périodes plus calmes (par exemple, en début ou fin de journée).  On peut adapter nos horaires pour utiliser le temps qu’on prend normalement pour se déplacer.
  • Le gestionnaire doit se structurer davantage dans la planification et le suivi des activités de ses équipes.  En effet, comme il ne peut utiliser le MBWA (managing by walking around), les options demeurent limitées.
  • La qualité de vie est améliorée car on limite les déplacements.  Quand on a l’habitude de voyager 1h30 à 2h00 par jour, croyez-moi, ça fait tout une différence!
  • On peut organiser notre horaire de travail autour de notre horaire personnel et consacrer du temps à nos activités personnelles (sports, loisirs, famille) en pleine journée.
  • On ne se pose même plus la question pour savoir comment on s’habille pour travailler!

 

Mais évidemment, il n’y a pas que des avantages…

 

Les mauvais côtés

Le télétravail a certains désavantages.  En voici un aperçu, de même que mes propres trucs que j’ai appris à développer avec le temps pour en minimiser les impacts:

  • La solitude: Tout dépendant de notre environnement familial, le télétravail peut nous apporter un effet de solitude pas toujours bénéfique.  Se déplacer une fois par semaine au bureau ou chez notre client.  Ou encore, socialiser dans un café ou restaurant du coin va certainement nous aider.
  • Tomber dans ses activités personnelles trop facilement: Travailler à la maison peut être difficile.  On doit avoir la discipline requise pour s’installer à son poste de travail et se concentrer, sans être distrait par nos activités personnelles.
  • Ne pas décrocher: L’inverse est également vrai…  Comme notre lieu de travail est à la maison, le réflexe peut être rapide de consulter ses courriels ou messages professionnels à toute heure du jour.  Encore là, une discipline s’impose pour respecter notre équilibre vie personnelle-travail.
  • On perd l’habitude de se rendre présentable: Il m’est arrivé de devoir participer à une entrevue avec un candidat via web cam et me rendre compte, quelques minutes avant, que je n’étais pas du tout habillé et peigné pour l’occasion…  🙂

 

Malgré ces légers désagréments, il demeure que le télétravail est bien agréable – du moins dans mon cas!

 

Les bonnes pratiques pour réussir

Voici les cinq trucs essentiels que j’ai développés avec les années pour réussir dans ce mode de travail:

  1. Mettre ses limites: Il est important d’indiquer à nos clients et collaborateurs nos heures de travail et celles auxquelles on se rend disponible.  Ceci a le mérite d’être clair et d’indiquer qu’on a une vie en dehors du travail!
  2. Organiser sa semaine: Planifier son horaire de la semaine continue d’être important, même si on n’a pas ou peu à se déplacer.  Rendre public son calendrier de disponibilité est une bonne pratique également.
  3. Se rendre disponible sur les outils de collaboration comme Skype et Google Hangouts: Indiquer quand on est en réunion ou qu’on ne veut pas être dérangé.
  4. Ne pas se laisser divertir par les réseaux sociaux: Personnellement, je suis actif sur les réseaux sociaux surtout en début de journée.  Sauf exception, je planifie mes publications à l’avance (avec un outil de gestion des médias sociaux comme Buffer).  Je peux donc me concentrer sur mes mandats.  La clé est donc de planifier du temps pour ceux-ci et s’en tenir au plan, sans trop se divertir.  Un peu comme on fait avec les courriels…
  5. Utiliser certains temps libres pour faire avancer des dossiers: Je porte une attention particulière à l’équilibre travail-vie personnelle.  Par contre, je suis le premier à m’asseoir à mon poste de travail quand j’ai un bloc de temps qui se libère (par exemple, une activité personnelle annulée).  Globalement, je fais des semaines normales mais il arrive que je donne des coups à l’occasion.

 

Conclusion

Comme vous avez pu le constater, la réalité du gestionnaire de projet en mode télétravail a beaucoup en commun avec d’autres métiers des TI.  Bien que le degré d’interaction avec les collègues peut varier un peu d’un métier à l’autre, on a fondamentalement les mêmes défis.

Dans le prochain billet, j’élaborerai davantage au niveau de la méthode et des outils à mettre en place pour bien réussir.

 

Lectures additionnelles

Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à lire le témoignage de Philippe Randour sur ses 10 ans de pratique de télétravail.  C’est une lecture que j’avais trouvée bien intéressante!  Philippe y présente le fruit de 10 ans de télétravail depuis une région rurale de la Belgique.  J’ai connu Philippe alors que je travaillais comme gestionnaire de projet dans une entreprise de développement de logiciels.

 

Simon Chamberland
Simon oeuvre dans le milieu des technologies de l'information depuis 1995. Il possède une quinzaine années d'expérience de conseil en technologies de l'information et gestion. Il a débuté sa pratique de consultant indépendant en 2007 et a fondé Brome Conseil en 2009. Il est Président et Conseiller senior au sein de l'entreprise. Simon réside à Sutton, dans la région de Brome-Missisquoi.

1 Comment

  1. Vraiment intéressant. Il y a de plus en plus d’embauche dans mon milieu de travail où l’on réussit à engager des experts parce qu’on offre maintenant cet opportunité, il y a quelques années c’était impensable ou simplement pas dans nos mœurs. J’ai hâte de voir ce que le futur nous réserve.

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